Une ou deux fois par an, nous traversons la Méditerranée pour rejoindre le Royaume du Maroc, terre de nos emplettes. Ces « 36 heures de Maroc en plus » selon la publicité d’une compagnie maritime, nous plongent dès le départ dans l’ambiance de ce pays riche en tout.
Sitôt notre véhicule débarqué à Tanger, nous longeons la côte Atlantique et commençons à chiner.
Tout comme la France, chaque région au Maroc a ses centres d’intérêts, qu’il s’agisse des tarifs, du choix ou de l’artisanat. Nous sommes attentifs à tous ces critères importants pour vous.
Nous essayons de chercher l’originalité, l’objet que l’on trouve rarement en France parce que déniché dans un village. Par exemple les « Ceintures de mariée tissées » font des sets de table originaux, les « Voiles sahraouis » brodés par les femmes des villages aux portes du désert, apportent une idée nouvelle pour recouvrir une table, un bras de canapé, occulter ou décorer une fenêtre.
Les « Mendils » servant à protéger les jupes des femmes du Rif pendant les travaux à la ferme, apportent de la bonne humeur sur la table du petit déjeuner avec leurs rayures hypnotiques, ou égaient un coin sombre de la maison.
Après les villes océaniques, nous nous dirigeons vers Marrakech. Contemplant au passage les paysages magnifiés par le printemps, où se mêlent, aux grandes étendues herbeuses inondées de coquelicots, les terres cultivées et le profil enneigé de l’Atlas.
Marrakech, cette ville que nous croyons connaître se révèle toujours différente à chacune de nos escales. Nous posons nos bagages dans un petit Riad en plein cœur de la Médina. L’agitation et le bruit des ruelles s’estompent dès que nous en franchissons la porte. Le thé à la menthe et la fraîcheur du patio nous invitent à la détente, demain aura des allures de marathon, pas question de flâner, la plupart de l’artisanat que nous importons est fabriqué ici. Nous rendons visite aux potiers, ferblantiers, tisserands, etc... réunis par quartiers selon leur activité.
Ceux que nous connaissons nous accueillent avec sourires et nombreuses formules de bienvenue. Nous parcourons les ruelles à la recherche de nouveautés. Le bruit, les odeurs, l’agitation, emplissent la Médina.
Celui-ci propose des fruits secs « vitaminés pour les maris fatigués », un autre nous invite à entrer « pour le plaisir des yeux » et le suivant s’enquière de notre nationalité, et ainsi de suite... Le soleil filtre au travers des toitures improvisées, illuminant les tentures aux mille couleurs et les tapis pendant aux échoppes. Les ferblantiers emplissent nos oreilles de leurs coups de marteaux.
Les métiers à tisser sortent de leurs trames des tissus chatoyants et colorés. La Médina de Marrakech, comme dans toutes les anciennes Médinas au Maroc, abondent d’artisans au travail admirable.
Nous quittons Marrakech et empruntons le nouveau tracé autoroutier en direction d’Agadir, nous privilégions un arrêt dans ces stations atypiques pour nous restaurer. Le choix est grand et appétissant. Ici pas de plat « sous vide » tout est cuit sous vos yeux. On choisit ses morceaux de viande à l’étal du boucher, que l’on porte au cuisinier, qui les préparent en un clin d’œil, ou bien un plat déjà cuisiné « maison ».
Près du four le pain cuit sur des pierres chaudes complète à merveille ce mini festin. Cette fois nous choisirons... tajine de chèvre, et pain « à la pierre !! » un vrai régal.
Agadir... Ville aux allures européennes. Ici se croise une population cosmopolite. Il faut dire qu’elle a de beaux atouts. Sa plage de sable fin s’étire sur des kilomètres et le soleil y brille 350 jours par an.
Mais nous ne lézarderons pas sur son sable chaud…, pas le temps ! Direction le Sud pour le ravitaillement de notre précieuse huile d’Argan où nous retrouvons notre producteur dans son village perché, très ancien, dominé par « l’Adrar » (grenier où les habitants stockaient leurs récoltes). Mais tout n’a pas été aussi facile qu’aujourd’hui, il nous aura fallu de longues recherches auprès de coopératives et plusieurs séjours pour enfin sélectionner un producteur passionné par son produit et son métier.
Nous lui avons fait confiance et nous avons appris beaucoup auprès de lui. Grâce à ce jeune ingénieur agronome nous vous proposons une huile de grande qualité, extraite dans les règles de l’art et de l’honnêteté.
Les fruits sont ramassés à la main à 900 mètres d’altitude en zone hors pâturage. Elle a pour seul parfum... celui du fruit.
Il existe deux manières d’extraire l’huile d’Argan, celle « faite au moulin » et l’autre extraite en laboratoire. (Lire en page d’accueil sur notre site : «idées reçues sur l’huile d’argan »).
Lorsque nous pouvons voyager au printemps, nous aimons faire un détour dans la Vallée des Roses où se trouve un petit paradis... laKasbah ITRAN. Nichée sur un promontoire avec vue à 360° sur la palmeraie environnante et les anciennes kasbahs encore habitées, les méandres du Dadès, les roseraies, et jardinets. On peut lézarder sur les terrasses à ciel ouvert, prendre son petit déjeuner sur tapis et coussins jonchant le sol un peu partout.
Mais nous ne venons pas par hasard dans cet endroit paradisiaque, car la distillation des roses est la spécialité de la région, une eau de rose au parfum inégalable.
Dès les 1ers jours de mai les villages s’animent, la période est courte, à peine 3 semaines. Les femmes cueillent les roses tôt le matin, les hommes regroupent les sacs et distillent.
Sitôt passé la porte du hangar l’odeur des roses fraîchement cueillies embaume tout l’espace, elles sont la, si belles si fraîches, on les touche, on les hume, elles feront sans nul doute une merveilleuse eau florale.
Le Grand Sud n’est pas loin, nous ferons une halte dans une kasbah transformée en chambres d’hôtes. La terrasse nous offre une vue imprenable sur le village. Ici pas d’artisanat, nous y passerons juste la nuit.
Il est temps de partir. Les paysages et les scènes de vie défilent, femmes lavant le linge dans l’oued, petits ânes trottinant sur les bords de route, piétons encapuchonnés croulants sous des ballots d’herbes sèches.
Des villages en pisé se fondent dans le paysage. Ils ont souvent pour seuls accès un sentier muletier et le lit des rivières, qui à la saison sèche permettent le passage des véhicules.
Quelques cigognes frileuses installées sur des promontoires improvisés ont retardé leur migration. Des nomades Berbères gardent des troupeaux de chèvres et de chameaux. Ils vivent l’été dans des grottes aménagées ou dans des sortes de yourtes en région montagneuse.
Au cours d’une halte inopinée, une famille de nomades nous invite à partager le pain cuit dans le four en terre, le beurre baraté dans une peau de chèvre et le miel. Les enfants jouent avec les cabris âgés de quelques jours. L’instant est magique. Leur hospitalité et l’une de leurs plus grandes richesses.
Cap au Nord-Est en direction d’un petit village « coup de cœur », découvert en touristes avant notre activité. Nous faisons en sorte d’y faire une pause à chacun de nos « marchés », avant de reprendre le bateau. Ici nous nous ressourçons, nous essayons d’oublier toute l’agitation, le bruit, les difficultés rencontrées sur notre route au cours des semaines précédentes.
Sous l’influence de la chaux bleue qui recouvre les murs des maisons, les escaliers, les ruelles étroites, notre esprit retrouve un peu de sérénité.
Peut être que notre véhicule déjà chargé au maximum laissera un peu d’espace pour accueillir quelques poteries, mendils, et ceintures de mariée, quelques accessoires pour le hammam, et tissus originaux.
Nous voici en partance pour TANGER... le port, la douane, l’attente devant le bateau amarré, puis l’autorisation d’embarquer. Un dernier regard sur la ville depuis le pont arrière, les cordages s’enroulent, quelques coups de sirène marquent le départ. Un jour et demi plus tard SETE nous accueillera.
Vient l’heure du déchargement de notre véhicule, du rangement des marchandises. Nous connaissons l’histoire de chaque article qui sera sur nos stands, sur notre site, et quelques fois même le visage de l’artisan qui l’a créé. Il est difficile de vous cacher la passion de notre métier et du plaisir que nous avons à vous proposer nos produits. A regret, nous ne pourrons jamais vous rapporter les couleurs, la beauté et la grandeur des paysages, la fraîcheur d’une palmeraie, les regards, la richesse des échanges, la gentillesse, l’hospitalité des Marocains, ni... les difficultés du marchandage !
Nos oreilles tintent quelques jours encore de ces petites phrases entendues des dizaines et des dizaines de fois par jour, « Soyez les bienvenus » « Entrez, juste pour le plaisir des yeux »...
Alors, faites vous plaisir, entrez dans notre « Médina » découvrez les produits que l’on a choisi et ramené pour vous.